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Innsbruck 1976

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Margit Schumann - Luge

Margit Schumann - Luge
©IOC/Kishimoto

13/02/1976

Margit Schumann est restée modeste par rapport à sa réussite olympique. L’ancienne lugeuse est-allemande, la soixantaine aujourd’hui, a offert ses dossards et tous les objets souvenirs de sa carrière sportive à ses amis, ne gardant que deux médailles chez elle, dans un tiroir.

Margit, lieutenant dans l’armée, joua néanmoins un rôle prépondérant dans le succès exceptionnel de l’Allemagne de l’Est dans les années soixante-dix. Le pays régna en maître sur la luge et le bobsleigh, atteignant sans conteste les sommets aux Jeux Olympiques d’hiver de 1976 à Innsbruck où la RDA poursuivit la moisson qu’elle avait entamée en 1972 à Sapporo.

Ses représentants réussirent le grand chelem dans les deux disciplines, gagnant les cinq médailles d’or en jeu, dont trois au cours d’une période de 24 heures des plus fastes où l’Allemagne de l’est décrocha 10 médailles dans plusieurs sports. Dans ce contexte, la performance de la robuste Margit Schumann sur la glace blanche d’Igls constitua le point culminant de sa carrière.

Les entraîneurs est-allemands de luge et de bobsleigh s’étaient préparés minutieusement pour les Jeux d’Innsbruck de 1976. Lors des épreuves préolympiques qui avaient eu lieu l’année précédente au Centre de glisse, ils avaient disposé des caméras et des chronomètres au bord de la piste afin d’analyser quelles étaient les trajectoires les plus rapides entre lignes droites et virages.

Mais la science du sport ne serait rien sans des athlètes talentueux et téméraires, et à cet égard, Margit Schumann pouvait revendiquer d’avoir du talent et du courage à revendre.

Née à Waltershausen, elle découvrit la luge, enfant, à l’école progressiste de Schnepfenthal, avant d’être prise en charge financièrement pour s’entraîner au pôle des sports d’hiver d’Oberhof.

Après avoir remporté le titre de championne d’Europe junior en 1971, Margit gagna sa place dans l’équipe olympique pour les Jeux de 1972 à Sapporo, où elle décrocha le bronze dans l’épreuve féminine individuelle derrière ses compatriotes Anna-Maria Müller et Ute Rührold, respectivement médailles d’or et d’argent.

Quatre ans plus tard, le palmarès de Margit Schumann s’ornait d’une série de victoires sans précédent, composée notamment de trois titres mondiaux et autant de sacres européens. C’est dire si à l’heure des Jeux d’Innsbruck, la championne de 23 ans lorgnait vers la gloire olympique.

Lorsque la compétition féminine débuta sur la piste au rabais d’Igls (des critiques s’étaient abattues, estimant l’installation pas assez compétitive), Margit Schumann s’installa au cinquième rang après deux manches, avant de passer à la vitesse supérieure : dans chacune des deux dernières manches, elle signa le meilleur temps pour sceller sa victoire.

Handicapée par des blessures, notamment une fracture de la clavicule, elle termina sa carrière sur une sixième place en 1980 à Lake Placid. Outre ses deux médailles olympiques, elle avait accumulé au total quatre titres mondiaux ainsi que trois médailles d’or, une d’argent et une de bronze au niveau européen.

Élevée au rang de capitaine dans l’armée, Margit devint après sa retraite entraîneuse de luge et prit finalement en charge l’équipe nationale d’Allemagne de l’Est, avant la réunification. Elle travailla par la suite comme psychologue.

En 2004, elle fit partie des trois premiers intronisés au Temple de la renommée de la Fédération internationale de luge (FIL).

La légende de la glace fêta son soixantième anniversaire en s’offrant quelques jours de détente avec son mari à Berchtesgaden dans les Alpes bavaroises… à proximité des pistes de luge.

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