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Sarajevo 1984

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Jure Franko - Ski Alpin

14/02/1984

Jure Franko a ravi les supporters yougoslaves aux Jeux de 1984 à Sarajevo en offrant à son pays sa première médaille des Jeux Olympiques d’hiver. Il est devenu ainsi un héros national et sa prouesse a donné le coup d’envoi à des festivités enfiévrées dans toute la ville.

Ce spécialiste du géant, originaire de Nova Gorica dans les Alpes juliennes, a récolté une médaille d’argent dans un chrono de 2’41’’41, provoquant le délire de spectateurs massés le long du parcours sur les pentes du mont Bjelasnica.


Franko et son frère débutent skis aux pieds très jeunes, sous la direction de leur père Matthias, bon spécialiste de saut à ski. Bien qu’historique, son résultat aux Jeux de Sarajevo n’est cependant pas complètement surprenant.


Avant ses 18 ans, il a participé aux Jeux de 1980 à Lake Placid où il a terminé à une honorable 12e place au géant et lorsque les Jeux de 1984 débutent, le skieur longiligne occupe la 5e place de la Coupe du monde et compte deux podiums à son actif.


Pour obtenir une médaille, il doit cependant compter avec la pression, énorme. Aucune nation hôte des Jeux d’hiver n’a en effet bouclé l’événement sans gagner de médaille. Et jusque-là, le sauteur à ski archi-favori Primoz Ulaga, lauréat d’une épreuve préolympique sur le tremplin Igman, n’a pu faire mieux que 57e au tremplin de 70 m et 13e à celui de 90 m. Tous les regards sont donc braqués sur Jure.

À l’issue de la première manche du slalom géant, il pointe à la quatrième place. Et il conserve toute sa maîtrise pour signer le chrono le plus rapide de la seconde manche, ce qui lui permet de se classer finalement deuxième derrière le Suisse Max Julen. Franko va rayonner de joie après le verdict, une image qui est gravée dans la mémoire sportive collective des citoyens de l’ex-Yougoslavie.


La victoire du jeune skieur de 21 ans est si agréable que les autochtones affluent sur la place Skenderija de Sarajevo, théâtre de la cérémonie protocolaire, notamment les enfants qui portent une banderole barbouillée du slogan Olimpijski Snovi, c’est-à-dire Rêves olympiques.


Franko le polyglotte, favori unanime de la presse internationale et des passionnés de ski, dira après coup : « J’espère que ma vie ne va pas changer. »

Dans un entretien avec le magazine Time, il reviendra sur les cérémonies de 1984 dans son pays natal en déclarant : « Quand les spectateurs ont aperçu le drapeau, ils se sont levés et sont devenus fous, complètement fous. C’était indescriptible. Je me souviens d’avoir eu la chair de poule sur tout le corps, ce jour-là. »


« On ne percevait aucune tension, et vraiment rien qui aurait laissé penser qu’une guerre allait éclater entre nous. »


« Le fait que les Jeux Olympiques se soient déroulés à Sarajevo leur a donné une signification particulière, car Sarajevo constituait le cœur de la Yougoslavie. La ville était l’endroit où l’amalgame de tous les groupes ethniques et nationalités s’est effectué à travers les siècles. »


Franko se retirera à l’issue de la saison 1984-1985, après avoir accumulé 23 places parmi les dix premiers en Coupe du monde, ainsi que sa médaille d’argent olympique.


Le parcours olympique de Franko se poursuivra après sa retraite sportive. Il prendra part au relais de la torche olympique avant les Jeux d’hiver de 2006 à Turin, portant la flamme symbolique de Nova Gorica, sa ville natale, jusqu’à l’autre côté de la frontière en Italie.


Il organisera également un voyage pour les enfants locaux issus de milieux modestes afin qu’ils puissent assister au slalom géant des Jeux de Turin et s’impliquera dans le travail humanitaire au sein du mouvement olympique.

Photos de Sarajevo 1984

  • Cérémonie d'ouverture Sarajevo 1984

    Sandra Dubravcic, patineuse artistique qui eut l’honneur d’embraser la vasque, brandit la flamme olympique lors de la cérémonie d’ouverture

    ©CIO Jean-François Pahud

  • Cérémonie d'ouverture Sarajevo 1984

    Un skieur nordique porte la flamme dans le Stade Olympique lors de la cérémonie d’ouverture

    ©CIO Jean-François Pahud

  • Jayne Torvill et Christopher Dean (GBR)

    Les patineurs britanniques ayant offert une magnifique prestation sur le Boléro de Ravel dans l’épreuve de danse sur glace, ils obtiennent des notes exceptionnelles : trois 6 (la note maximale) en technique et neuf 6 (sur neuf possibles) en artistique

    ©Getty Steve Powell

  • Médaille de vainqueur Sarajevo 1984

    Le revers de la médaille est occupé par un motif qui est – contrairement à ce que nous avons vu sur l’avers – tout sauf conventionnel. En effet, il s’agit d’une représentation stylisée d’une tête couronnée de laurier accompagnée de la mention de la discipline dans laquelle la médaille a été remportée

    ©CIO

  • Cérémonie de clôture

    Deux Vuchko et un Howdy (mascotte des JO de Calgary 1988) lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Sarajevo

    ©CIO Avelino Pi

  • Cérémonie de clôture Sarajevo 1984

    Vuchko lors de la cérémonie de clôture des Jeux de Sarajevo 1984

    ©CIO Avelino Pi

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