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Grenoble 1968

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Jean-Claude Killy - Ski alpin

02/10/1968

Jean-Claude Killy

Lorsque les Jeux Olympiques d’hiver firent escale à Grenoble, le public français plaçait d’énormes espoirs en un héros du cru, Jean-Claude Killy. Tout le monde, bien sûr, n’avait d’yeux que pour ce beau gosse de 24 ans, pétri de talent et respirant la confiance, qui se retrouvait, du coup, chargé d’une immense pression.

Originaire de Val d’Isère, un village des Alpes où il avait chaussé ses premiers skis très jeune, Killy était revenu bredouille des Jeux de 1964. Mais il s’était révélé dans l’intervalle, remportant notamment au cours de la saison 1966-1967 12 des 16 courses de Coupe du monde qu’il avait disputées.

Aux Jeux de 1968, Killy était engagé dans les trois disciplines figurant alors au programme : la descente, le slalom et le slalom géant. Les supporters français brûlaient du désir de le voir égaler la performance éblouissante de l’Autrichien Toni Sailer qui avait réalisé le grand chelem en 1956, mais le défi de l’Avalin était encore plus impressionnant. Si Sailer avait triomphé haut la main en descente, Killy n’allait jamais vraiment avoir la tâche facile.

Dans la descente, la première épreuve de son odyssée, son principal opposant était un autre Français, Guy Périllat, qui s’élança le premier et signa un temps qu’aucun des treize skieurs suivants n’allait surpasser. C’est alors que Killy se lança à l’assaut de la piste et, améliorant le temps de Périllat de huit centièmes de secondes, il s’empara de l’or.

L’épreuve suivante, le slalom géant, fut disputée pour la première fois en deux manches courues sur deux jours, au lieu d’une seule précédemment. Cette fois-ci, Killy ajouta le panache à sa victoire, se montrant le plus rapide de la première manche avant d’accroître son avance dans la seconde pour enlever une deuxième médaille d’or.

Il ne restait donc plus que le slalom pour que Killy contente les espoirs hauts placés des Français et il donna le ton en signant le meilleur chrono de la première manche. Dans la seconde, les intempéries se mêlèrent à la fête. L’Avalin s’élança en tête mais il skia plus lentement et dut donc attendre de voir si quelqu’un allait battre son temps total.

Karl Schranz aurait pu être celui-là s’il n’avait été disqualifié de manière controversée, un officiel affirmant qu’il avait manqué une porte. Et finalement, Herbert Huber allait se montrer l’adversaire le plus dangereux de Killy en s’adjugeant l’argent à 9 centièmes du Français.

Killy avait donc réussi ce dont la France rêvait tant : trois médailles d’or dans ses Jeux Olympiques d’hiver à domicile. « Nous avons fait la fête pendant deux jours et demi, dira-t-il plus tard, et durant tout ce temps-là, je n’ai pas vu une seule fois le soleil. »

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