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Héritage olympique

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Jacques Rogge: "Une planification anticipée de l'héritage pour des avantages à long terme"

21/11/2012

Par Jacques Rogge

Les derniers Jeux Olympiques de mon mandat de président du Comité International Olympique (CIO) ont connu un grand succès cet été à Londres. Les preuves de ce succès continuent de me parvenir tous les jours, comme en témoigne cette question récurrente : "Ces Jeux étaient-ils les meilleurs de l'histoire ?" 
 
Je souhaiterais pouvoir répondre par l'affirmative, mais je sais qu'une telle réponse serait prématurée. Aussi ma réponse est-elle invariablement la même : "Laissons à l'histoire le soin d'en juger."
 
Loin de moi l'idée de vouloir minimiser la contribution des milliers de personnes en charge de l'organisation des Jeux de 2012 à Londres, lesquels ont été un franc succès. Mais je tiens à attirer l'attention sur l'importance considérable que le CIO attache à l'héritage – ce qu'une ville hôte laisse derrière elle longtemps après la fin des 16 jours de compétitions.
 
Les Jeux Olympiques sont le plus grand événement sportif du monde et pour la plupart des villes hôtes, ils sont le projet à la fois le plus vaste et le plus complexe jamais entrepris. L'organisation des Jeux concerne l'ensemble de la ville et de ses habitants et comprend souvent un développement urbain, économique, social et environnemental, lequel requiert la mobilisation entière et totale des dirigeants de la ville, des autorités régionales et nationales, des organisateurs des Jeux, des collectivités locales, des partenaires commerciaux et de tous les membres du Mouvement olympique. 

Le CIO encourage vivement toutes les villes candidates à l'organisation d'une édition des Jeux à prévoir dès le départ comment utiliser la manifestation pour apporter des avantages durables à la région et à ses habitants. Cette planification commence généralement dix ans avant le début des Jeux.

Ainsi, lorsque le président du comité de candidature de Londres 2012, Sebastian Coe, s'est exprimé lors de l'élection de la ville hôte à Singapour en 2005, les organisateurs de Londres avaient d'ores et déjà une vision très claire et détaillée de ce qu'ils souhaitaient laisser en termes d'héritage en 2012 et au-delà. 

Parmi leurs projets : la réhabilitation d'une vaste friche industrielle de l'Est de Londres afin d'offrir des sites sportifs de classe mondiale pour l'entraînement et la compétition, de nouveaux parcs et zones résidentielles, de meilleurs réseaux et infrastructures de transport, des emplois et des débouchés commerciaux, des constructions durables, une augmentation du volontariat et l'émergence de la prochaine génération de champions sportifs en incitant les jeunes partout dans le monde à pratiquer une activité physique.  

L'organisation des seuls Jeux Olympiques de 2012 à Londres a coûté près de deux milliards de livres, dont une grande partie a été financée par le CIO et des fonds privés. Les autorités locales ont néanmoins injecté 9,3 milliards de livres supplémentaires pour que ces Jeux contribuent au développement rapide et à l'amélioration tangible et intangible de la ville, ce qui sans cela aurait pris des années.

Les Jeux de 2012 ont d'ores et déjà tenu bon nombre de leurs promesses et s'ils continuent sur leur lancée, nous avons bon espoir qu'ils profitent encore longtemps aux Londoniens.

Le comité d'organisation de Londres 2012 a pu s'appuyer sur de solides fondations, notamment les connaissances et le savoir-faire des organisateurs des précédentes éditions des Jeux. Les vastes projets de rénovation urbaine entrepris par Barcelone en 1992 et Sydney en 2000, les normes en termes de durabilité et de protection environnementale fixées par Lillehammer en 1994 et Vancouver en 2010, ainsi que les programmes de Beijing en 2008 visant à encourager le volontariat et la participation des jeunes sont autant d'exemples des succès passés dont Londres a pu s'inspirer pour sa propre édition.

Faisant le lien entre le passé, le présent et l'avenir, le CIO aide les organisateurs des Jeux grâce à un programme de transfert des connaissances des plus complets. Les organisateurs des prochains Jeux en Fédération de Russie (Sotchi 2014), au Brésil (Rio 2016) et en République de Corée (PyeongChang 2018) bénéficient d'ores et déjà de ce programme, lequel comprend une séance bilan que le CIO organise pour présenter en détail aux futures villes hôtes ce qui a bien fonctionné lors des précédentes éditions et ce qui pourrait être amélioré.

Cette année, c’était au tour de Londres de passer le relais lors de la séance bilan sur les Jeux de 2012, laquelle se tenait du 17 au 21 novembre à Rio de Janeiro. Cette séance bilan portait sur tous les aspects des opérations Jeux, depuis l'élection de la ville hôte jusqu'à la fin des Jeux et au-delà. Prenaient part à ces réunions des représentants des villes candidates à l'organisation des Jeux de 2020, à savoir Istanbul, Tokyo et Madrid, ainsi que les partenaires en charge du bon déroulement des Jeux.

 

Les futurs organisateurs ont beaucoup à apprendre de Londres. Cette séance bilan les aura éclairés notamment sur la nécessité d'avoir une vision à long terme du projet olympique et de s'y tenir, sur l'importance de la coopération entre tous les partenaires durant les phases de planification et de préparation et sur les moyens d'associer la population à la manifestation.

La séance bilan n'est en aucun cas pensée pour être un modèle absolu et impératif imposé aux futures villes hôtes. Au contraire, elle a pour ambition de prodiguer de précieux conseils que les villes hôtes sont libres de suivre et d'adapter conformément à leurs propres besoins. Nous encourageons donc vivement les organisateurs des prochaines éditions des Jeux à élargir leurs connaissances et à innover, et ce afin d'améliorer encore les pratiques de leurs prédécesseurs.

C'est exactement ce que Londres a réussi à faire dans ses préparatifs et son organisation des Jeux de la XXXe Olympiade. Il est sans doute encore un peu trop tôt pour qualifier ces Jeux de meilleurs Jeux jamais organisés, mais reposez-moi cette question dans 20 ans, et il se pourrait alors que je vous réponde tout simplement "oui".

 

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