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Jacques Rogge : "L'héritage du fondateur des Jeux Olympiques modernes vit toujours"

01/01/2013

"Comme beaucoup d'entre vous, je considère le premier de l'An comme le moment idéal pour réfléchir au passé et regarder vers l'avenir. Cela est d'autant plus vrai aujourd'hui qu'en ce 1er janvier 2013, nous fêtons le 150e anniversaire de la naissance du fondateur des Jeux Olympiques modernes, le baron Pierre de Coubertin.

La devise personnelle de Coubertin était voir loin, parler franc, agir ferme, mais même lui n'aurait pu prédire à quel point sa vision des Jeux allait transformer cette manifestation en l'un des événements culturels les plus importants de notre histoire, touchant des milliards de personnes sur terre et s'invitant dans presque chaque foyer de la planète.

Certes, Pierre de Coubertin aurait été ravi de savoir que 118 ans après la création du Comité International Olympique (CIO), le Mouvement olympique est plus fort que jamais. Et l'on peut supposer, sans risque de se tromper, qu'il aurait été étonné par tout ce que l'année 2012 nous a réservé.

L'année dernière, Londres nous a offert ce qui restera incontestablement dans les mémoires comme l'une des plus grandes éditions des Jeux Olympiques de tous les temps. Les Jeux Olympiques de la Jeunesse ont quant à eux poursuivi leur essor avec la tenue couronnée de succès de la première édition hivernale à Innsbruck, en Autriche. Des étapes importantes ont par ailleurs été franchies s'agissant notamment de la participation des femmes dans le sport, de l'héritage et de l'environnement. Les initiatives visant à diffuser les valeurs olympiques se sont multipliées, en particulier celles lancées en coopération avec les Nations Unies pour mettre le sport au service du développement. Nous avons également redoublé et intensifié nos efforts pour protéger l'intégrité du sport. Quant à la situation financière du CIO, elle est plus solide que jamais, et ce malgré la pire récession qu'ait connue le monde en 60 ans.

Alors que nous savourons les derniers instants d'une année olympique exceptionnelle, il serait aisé d'oublier la tâche herculéenne que Pierre de Coubertin a dû mener pour rétablir, à lui tout seul ou presque, les Jeux Olympiques à la fin du 19e siècle.

Le baron de Coubertin a toujours affirmé que le sport organisé permettait de renforcer non seulement le corps, mais aussi la volonté et l'esprit, tout en encourageant l'universalité et le fair-play, des idées largement acceptées aujourd'hui. À son époque cependant, la plupart de ses concitoyens considéraient le sport comme une activité frivole, préjudiciable au savoir et à l'intellect. C'est donc souvent avec indifférence, voire avec une franche résistance, que son appel au rétablissement des Jeux fut reçu. Pierre de Coubertin reconnut des années plus tard que son projet était "un rêve et une chimère".

Malgré tous ces obstacles, le baron de Coubertin continua d'œuvrer avec détermination, offrant de son temps et de sa fortune pour donner un nouveau souffle aux Jeux Olympiques de l'Antiquité. Il le fit non à des fins personnelles mais pour le bien de l'humanité, car il était convaincu que le sport véhiculait des valeurs telles que l'excellence, l'amitié et le respect.

Fort de sa remarquable intelligence et de son absolue certitude, sans oublier de sa grande force de caractère, il gagna progressivement le soutien et la confiance de groupes d'individus partageant le même état d'esprit que lui. Dans un délai étonnamment court, ces mêmes individus allaient devenir les membres fondateurs du CIO en 1894. Deux ans plus tard, Athènes accueillait la première édition des Jeux Olympiques de l'ère moderne.

Pierre de Coubertin fut le deuxième président du CIO et son mandat de 29 ans (1896-1925) le plus long de l'histoire olympique. À la fin de ce mandat, il consacra l'essentiel du reste de sa vie à veiller au maintien des Jeux et à la pureté de la compétition. Le Mouvement olympique a eu sa part de difficultés au cours de son existence, mais grâce à Coubertin, il a survécu, laissant un héritage dont des milliards de personnes continuent de bénéficier à ce jour.

Outre les Jeux Olympiques, Pierre de Coubertin nous a donné les anneaux olympiques – l'un des symboles les plus facilement identifiables dans le monde – les cérémonies d'ouverture et de clôture, le serment des athlètes et le Musée Olympique. Mais c'est sans conteste la Charte olympique rédigée par ses soins, laquelle énonce les valeurs olympiques, qui a eu la plus profonde influence sur notre Mouvement.

La Charte olympique est en effet le texte qui nous distingue de toutes les autres organisations sportives. Le CIO n'existe pas uniquement pour organiser une grande manifestation sportive tous les deux ans. Notre mission consiste à mettre le sport au service de l'humanité, les compétitions nous aidant à tirer parti de ce qu'il y a de meilleur dans notre société et à lutter contre ses éléments pernicieux. Les valeurs olympiques sont encore aujourd'hui le fil rouge qui guide tout ce que nous entreprenons.

Pierre de Coubertin serait-il heureux de tous les développements qui ont eu lieu depuis sa mort en 1937 ? La réponse est évidemment non. Nous avons eu notre lot de difficultés à surmonter également, mais c'est précisément parce que nous avons pu compter sur ce guide moral et éthique qu'est la Charte olympique que nous sommes parvenus à traverser ces périodes de turbulences.

Une chose est sûre cela dit : Pierre de Coubertin serait ravi que ses valeurs fondamentales perdurent. On peut même aisément affirmer que celles-ci sont encore plus pertinentes de nos jours.
 
Il n'est pas exagéré de dire non plus que tout ce que nous avons admiré dans l'Olympisme en 2012 n'aurait pas été possible sans l'œuvre de Pierre de Coubertin. Il nous appartient à présent de veiller à ce que les Jeux conservent leur intérêt et leur intégrité pour 118 nouvelles années et plus.
 
Pierre de Coubertin s'est dévoué corps et âme à cette cause. En ce premier jour de l'année, le Mouvement olympique salue l'homme par qui tout a commencé.
 
Joyeux 150e anniversaire !"

Jacques Rogge

  
Pierre de Coubertin (1863-1937)

Connu du grand public comme le rénovateur des Jeux, Pierre Frédy, baron de Coubertin, est un précurseur, un visionnaire qui prône les vertus du sport dans l’éducation au sein d’une société encore peu, voire pas du tout préparée à le suivre.

Sa vie et son œuvre ne peuvent être dissociées de son temps. Son action ne devient claire que si on la situe dans la phase de transition qu’est la fin du XIXe siècle et la première partie du XXe : période exceptionnelle, aux points de vue philosophique, social et scientifique mais malheureusement marquée  par un certain nombre de conflits armés.

Pierre naît à Paris le 1er janvier 1863 au sein d’une famille aisée de la vielle aristocratie française. Il partage son enfance et son adolescence entre Paris et le château de Mirville en Haute-Normandie. En 1881, il devient double bachelier ès-lettres et ès-sciences.

 

Déçu par la politique et les politiciens, dédaignant une carrière militaire facile, propre à son rang et à sa condition, Pierre de Coubertin décide, après mûre réflexion et poussé par l’expérience acquise lors de voyages de formation et d’étude en Angleterre et en Amérique du Nord, de se consacrer entièrement à une tâche ardue : la réforme de l’éducation dans son pays.

L’éducation, l’enseignement et la pédagogie sont les puissants moteurs d’une activité fébrile qui se développe inlassablement et avec enthousiasme dans le prodigieux rayonnement historique d’un visionnaire de génie. Les causes profondes qui éveillent sa vocation pédagogique conduisent inévitablement Pierre de Coubertin à la conception moderne de l’Olympisme et à la rénovation des Jeux Olympiques.

Fervent helléniste, Pierre de Coubertin s’appuie sur la valeur que les anciens Grecs accordaient aux exercices physiques et médite le renouveau des Jeux Olympiques. Il croit en la portée civilisatrice du sport, dégagé des passions et des intérêts qui peuvent l’avilir. Il y voit aussi un moyen d’unir les classes sociales. Débutée en France, son activité se poursuit au niveau international.

Ses nombreux voyages dans les pays anglophones lui permettent d’apprécier l’intégration des exercices physiques dans l’enseignement. Toute son action tendra à promouvoir de nouvelles structures d’éducation dans lesquelles la formation de l’esprit s’associera au développement harmonieux du corps.

Intéressé par toutes les activités sportives, Pierre de Coubertin en pratique plusieurs : cyclisme, aviron, escrime, boxe, tennis, gymnastique, culture physique.

Avec le XIXe siècle renaît un intérêt marqué pour la culture hellénistique. D’importantes recherches archéologique mettent au jour des trésors du passé. Le Dr. Brookes en Angleterre et le Grec Zappas tentent de renouer avec les Jeux antiques. Mais leurs initiatives restent locales et sans lendemain. Pierre de Coubertin se distinguera en élargissant le cadre de son activité : les compétitions qu’il instituera revêtiront un caractère international.

C’est en 1892, qu’il lance l’idée de la rénovation des Jeux lors d’un discours à l’Université de la Sorbonne à Paris. Deux ans plus tard et grâce à une volonté indéfectible, il parvient à rétablir les Jeux Olympiques avec comme première ville hôte Athènes en 1896 et dans la foulée crée le Comité International Olympique. Il a 31 ans...

Etablissant les Jeux Olympiques modernes qui seront déterminants pour la propagation de ses idéaux. Pierre de Coubertin est un observateur lucide et perspicace de la vie politique de son époque. Il pressent de nombreux problèmes politiques et sociaux. En matière politique, il fait preuve d’un esprit imaginatif, créateur et précurseur. « Lorsque je regarde en arrière », écrit Pierre de Coubertin, « je me vois du début à la fin de ma vie comme un homme ayant rempli les fonctions d’un éclaireur…Je n’étais pas conscient de cette mission.»

En 1895, il épouse Marie Rothan, fille d’un diplomate alsacien. De cette union naissent deux enfants : Jacques (1896-1952) et Renée (1902-1968).

D’abord secrétaire général, Pierre de Coubertin assure la présidence du Comité International Olympique de 1896 à 1925. Il se retire alors et reçoit le titre de Président d’honneur en 1937. Il décède le 2 septembre de cette même année à Genève. Selon ses vœux, son corps est enseveli au cimetière du Bois-de-Vaux à Lausanne et son cœur est déposé dans une stèle commémorative à Olympie, en Grèce.

S’il apprécie le changement des structures et des idées. Pierre de Coubertin cultive des espérances de paix et met toute sa confiance dans la jeunesse. C’est dans le sport qu’il nourrit la conviction de faire évoluer les mentalités et le monde.

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