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Nanjing 2014

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Heather Moyse compte bien être une source d’inspiration pour les jeunes athlètes

Heather Moyse
©Getty Images

12/08/2014

Comptant parmi les plus belles sensations de la scène olympique de ces dernières années, la Canadienne Heather Moyse a remporté deux médailles d’or en bobsleigh lors des Jeux d’hiver 2010 et 2014, tout en ayant dans le même temps pratiqué le rugby au plus haut niveau international.  Elle compte bien aujourd’hui être une source d’inspiration pour les jeunes athlètes, afin de les aider à atteindre leurs buts dans les JOJ de Nanjing qui approchent !

De quelle manière vous êtes-vous impliquée dans les Jeux Olympiques de la Jeunesse ?

J’ai reçu un message sur mon site internet personnel avant les Jeux de Sotchi. Cette demande m’a ravie. Je n’ai pas hésite une seconde avant d’accepter. J’ai été choisie pour être une athlète modèle du CIO aux JOJ par la Fédération Internationale de Rugby (IRB) et je serai présente à Nanjing durant presque une semaine. J’arrive le 15 août et je repars le 21, ce qui coïncide avec le tournoi de rugby. J’imagine que mon principal objectif est d’être un mentor pour les jeunes joueurs et joueuses à travers des sessions de questions/réponses, mais je serai aussi là pour les autres athlètes. Ils se rendent aux JOJ à un âge charnière, à un point où ils se demandent encore ce qu’ils veulent faire. Ce sera pour moi un véritable honneur de leur apporter mon aide.

Que diriez-vous à un jeune athlète qui dispute les JOJ ?

Cela dépend de ce dont il a besoin. Certains sont préoccupés par la pression qui est mise sur eux pour qu’ils soient les meilleurs. D’autres pourraient s’affranchir de la pression à l’aide du dopage. Mon message sera d’expliquer qu’il ne s’agit pas d’être le meilleur, mais qu’il faut donner le meilleur de soi-même. Certains athlètes peuvent être mal à l’aise avec ce concept, d’autres peuvent s’interroger sur l’entraînement ou sur la pression extérieure émanant des coaches et de différentes structures.

À l’âge où l’on dispute les JOJ, il faut avant tout aimer ce que l’on fait. Mon travail, c’est le sport et je prends l’entraînement très au sérieux. Mais pour les jeunes à Nanjing, il s’agit de s’accommoder de l’environnement et d’en profiter. Je suis allée aux Jeux pour être compétitive, c’était mon seul objectif, mais à leur âge, il ne s’agit pas seulement de gagner la médaille d’or : il s’agit d’apprendre ce qu’un évènement multisports représente, de comprendre les autres et leur culture et aussi de savoir comment donner le meilleur de soi. C’est pour eux une merveilleuse expérience éducative !

Quels ont été vos propres modèles ?

Je n’ai pas commencé à m’entraîner sérieusement en tant qu’athlète avant mes 27 ans. J’ai surtout été guidée par ma famille, qui m’a toujours aidé à garder les choses en perspective. J’ai grandi dans une famille très universitaire sur l’Île du Prince Edward. J’ai toujours pensé que le sport pourrait être un élément extrascolaire en accompagnement de mon cursus universitaire, et j’ai toujours pratiqué des sports variés.

J’ai travaillé plusieurs années dans le développement à l’étranger, j’ai passé trois années à Trinidad & Tobago. Quand je suis revenue, j’ai commencé à jouer au rugby et cela m’a amenée à intégrer l’équipe nationale. À mon retour, j’ai commencé à jouer dans le même club de rugby que ma sœur, et à la fin de la semaine suivante, je m’entraînais avec l’équipe de l’Ontario, puis à la fin de ce mois de novembre, je devenais internationale. Il n’est pas question de franchir les obstacles, il faut faire ce que l’on aime faire.

Est-il facile de passer du rugby au bobsleigh ? Quels sont les changements nécessaires en termes d’entraînement, etc… ?

Un joueur de rugby a besoin de beaucoup de vitesse. J’évolue à l’arrière ou à l’aile, ce qui nécessite des jambes explosives ! Ces qualités sont tout autant utiles pour le bobsleigh. En fait, quand vous poussez le bob, vous avez besoin de la même force que lorsque vous poussez derrière un simulateur de mêlée. La seule différence, c’est que le bobsleigh est extrêmement technique. Les centièmes de seconde qui font la différence viennent de détails, de l’entraînement, du timing. Je suis bénie par une conscience élevée de ce que fait mon corps, bien que cela puisse être autant une malédiction qu’une bénédiction !

Quelle est la recette pour devenir une athlète exceptionnelle ?

Cela nécessite beaucoup de travail et de dévouement. Et de la discipline. Beaucoup de choses sont basées sur votre potentiel génétique. Il joue un rôle important. Il y a énormément de gens qui travaillent dur, mais qui ne peuvent aller bien loin sans ce « cadeau » génétique et il y en a autant qui en bénéficient, mais qui n’en font pas un plein usage. Ceux qui sont nés avec ces capacités, et qui parviennent à y ajouter la somme de travail nécessaire, ont la capacité de devenir des athlètes exceptionnels.

Qu’en est-il de l’entraînement et de la préparation ?

La préparation est un sujet très personnel. Par exemple, je suis parvenue à joindre des équipes de rugby et de bobsleigh sans lever de poids. Mon système nerveux est particulièrement affûté, ce qui signifie que surentraîner mes muscles peut l’amoindrir. Je sais que ma partenaire en bobsleigh Kaillie Humphries a, par exemple, besoin d’un important volume d’entraînement avec les haltères. Si je faisais la même chose, je ne parviendrais pas au même résultat.

Je pense que certains jeunes athlètes sont surchargés de travail sans avoir la conscience de leur propre corps. Cela me rend triste de penser que des enfants doivent se spécialiser dans un sport au plus jeune âge. Comment voulez-vous savoir à 10 ans ce que vous allez aimer le plus et où vous allez réussir ? Une trop grande spécialisation ne permet pas aux enfants de faire d’autres choses. Cela vient souvent des parents.

L’entraînement croisé vous apporte la longévité qu’une trop forte spécialisation ne permet pas.

Quand j’étais jeune, j’ai fait de la danse et d’autres sports. Même grimper aux arbres ou rouler sur votre vélo aide à votre développement global, d’une manière équilibrée.

Je crois fermement aux programmes individualisés. Il ne peut pas y avoir un programme fixe pour tous les athlètes. Les jeunes athlètes doivent comprendre qu’il ne faut pas suivre une routine standard pour réussir dans leur sport. Il ne s’agit pas de l’endroit, de la technologie ou des équipements dernier cri, il s’agit de connaitre votre but et de faire le nécessaire pour vous assurer que vous allez l’atteindre. Il est important d’être honnête avec soi-même, et de s’assurer que l’on suit un chemin qui ne vous laissera aucun regret.

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