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Nanjing 2014

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Heather Moyse compte bien être une source d’inspiration pour les jeunes athlètes (2e partie)

Heather Moyse hopes to inspire a new generation of athletes - Part 2
©Getty Images

14/08/2014

Dans la deuxième partie de cette interview exclusive avec la double championne olympique de bobsleigh, star internationale du rugby féminin, athlète modèle aux JOJ de Nanjing 2014 Heather Moyse, nous apprenons ce qui la motive et ce qui l’inspire, comment se détend-elle quand elle ne s’entraîne pas ou n’est pas en compétition, et quels sont ses projets pour l’avenir.

Quel est le meilleur conseil que vous ayez reçu ?

Deux choses me viennent à l’esprit. La première n’est pas vraiment un simple conseil, mais plus simplement la façon dont ma famille abordait le sport. Je n’ai pas grandi en regardant le sport à la TV. Nous ne suivions pas le sport, nous y jouions, et si nous perdions, mes parents me demandaient « As-tu fais de ton mieux ? Y-a-t-il quelque chose que tu aurais pu faire pour aider ton équipe ?  Ils disaient que si je l’avais fait, c’était tout ce qui comptait, puis nous allions manger une glace. En d’autres termes, une friandise ou une récompense n’étaient pas subordonnées à la victoire. Cela dépendait juste de nous et du fait que nous ayons fait du mieux que nous pouvions. C’est tout ce qui comptait pour mes parents, que nous gagnons ou perdions n’avait pas d’importance. La leçon, c’est que je ne peux maîtriser que ce que je fais, pas ce que font les autres. C’est une leçon que j’ai toujours gardée en moi.

L’autre chose, c’est ce que m’a dit un entraîneur au lycée. Je pratiquais différents sports parce que cela me plaisait, sans les prendre au sérieux. Je ne pensais pas accomplir quoi que ce soit.

Cet entraîneur m’a amené dans son bureau et m’a expliqué à quel point j’avais du potentiel en tant qu’athlète. Je l’ai pris comme un compliment, mais il m’a dit que ce n’en était pas un : « Le potentiel, c’est le talent que tu n’as pas encore ». Je ne peux pas dire que j’ai retenu tout de suite ces mots… mais dès que j’ai eu à relever le défi d’apprendre un nouveau sport et aller aux Jeux Olympiques en cinq mois, j’ai commencé à me demander quel était mon potentiel. Je voulais découvrir ce que j’étais capable d’accomplir…

Qu’est-ce qui vous motive ?

Découvrir jusqu’à quel point je peux utiliser mon potentiel est pour moi un véritable moteur, pas seulement en sport, mais dans la vraie vie. Quand j’irai à Nanjing pour les JOJ, je me demanderai combien de jeunes puis-je inspirer et pour combien d’entre eux puis-je être un mentor ? Souvent, il ne s’agit pas de leur dire ce qu’ils doivent faire, mais de les aider à comprendre ce qui est important pour eux. J’adore ça. C’est un vrai défi. Faire comprendre à d’autres personnes que leur potentiel est encore inexploité est amusant, et c’est pour moi une grande source de motivation.
Le potentiel, cela veut dire placer la barre à un certain niveau, essayer de toutes ses forces de l’atteindre puis monter la barre encore plus haut. Finalement, la question que je me pose n’est pas « puis-je atteindre cette barre ? » mais « Jusqu’à quelle hauteur puis-je monter cette barre ? »

Le rugby à 7 va faire ses débuts olympiques en 2016 à Rio. Nous y verrons-vous avec le maillot canadien ?

Je suis évidemment très tentée. Mais j’habite sur la côte Est, et le rugby canadien est centralisé sur la côte Ouest, il me faudrait donc déménager. Si j’étais encore dans mes 20 ans, donner deux années de ma vie ne me poserait pas de problème, mais là, c’est bien plus difficile. Je ne ressens pas d’urgence à ce sujet. Cela dit, mon futur d’athlète n’a jamais été facile à prédire. Si on me demande un an avant de m’impliquer, j’y penserai. La possibilité existe. Tout est possible. Mais en ce moment, j’ai beaucoup d’autres d’opportunités que j’apprécie en dehors du sport.

Comment vous détendez-vous quand vous n’êtes pas à l’entraînement ou en compétition ?

Quand je m’entraîne à fond durant la présaison, tout ce que je fais est si épuisant que le temps libre dont je dispose est passé à lire, à regarder des films ou des séries, particulièrement lorsque nous voyageons. Cela peut sembler très sédentaire, mais c’est ce dont j’ai besoin. Du vrai temps libre ! En ce moment, je voyage beaucoup pour donner des conférences ou pour participer à des évènements et j’aime beaucoup ça, mais quand je suis à la maison sur l’Île du Prince Edward, j’aime passer du temps dans le chalet familial au bord de l’eau, me détendre avec ma famille, jouer à des jeux de société ou aux cartes, nourrir les tamias ou les geais bleus ! Mais j’aime également aller diner en ville avec des amis.

Que ferez-vous après votre carrière sportive ?

J’ai travaillé comme ergothérapeute et ce que j’ai apprécié dans cette profession, c’est que je pouvais inspirer mes clients afin qu’ils envisagent leur situation avec une autre perspective, et les motiver pour qu’ils collent à leurs objectifs et à leurs valeurs. Aujourd’hui, en tant que conférencière, je suis en mesure d’inspirer non pas une seule personne, mais une salle entière. J’ai  saisi cette opportunité : j’ai un don pour inspirer les gens et les deux médailles d’or olympiques m’ont offert une plateforme pour utiliser ce don. C’est une magnifique aventure, à ce jour. Le défi est maintenant de transformer cela en une carrière durable.

Quel est votre plat préféré ?

Un bon steak-frites, ou alors des lasagnes à la viande ! Et j’adore les desserts. Je ne suis pas un régime strict quand je m’entraîne. Je prends des quantités de protéines et je m’assure que je prends assez de glucides pour passer la journée. Et le sucre est mon ami ! Je suis opposée à l’extrémisme. Je ne crois pas dans les régimes sévères. Je crois en une approche équilibrée du régime et de la vie. Dans notre société, nous sommes programmés pour être stressés dans tous les sens. Je prends soin des choses qui en ont besoin et j’apprécie le reste ! 

Avez-vous un talent caché ?

Je n’en suis pas certaine. Mais il y a un talent caché que je n’ai pas : je ne sais pas siffler !

Lisez la première partie.

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