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Los Angeles 1984

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Aouita le félin inaugure une nouvelle ère pour le demi-fond

Said Aouita - 5000m demi fond

11/08/1984

Le Marocain Saïd Aouita a été un pilier de l’âge d’or du demi-fond et du fond des années quatre-vingt.

Alors que Steve Ovett et Sebastian Coe atteignaient le crépuscule de leur carrière sur piste, Aouita a été la première goutte d’une pluie de coureurs nord-africains qui allaient dominer les Jeux Olympiques sur un large éventail de distances à la fin des années quatre-vingt et dans les années quatre-vingt-dix.

Aouita n’était que grâce : si Léonard de Vinci avait conçu le coureur parfait, il est probable que ce dernier aurait beaucoup ressemblé au petit Marocain.

Détourné d’une carrière de footballeur par ses entraîneurs et ses mentors, Aouita a ouvert un règne de domination au cours duquel il allait rester invaincu sur 5 000 m pendant près d’une décennie.

Son impact a été tel qu’il a ouvert la voie à des coureurs comme l’Algérien Noureddine Morceli ou comme un autre Marocain, Hicham El Guerrouj, lancés à la conquête de la gloire sur les plus grandes scènes internationales.

Lorsque les Jeux Olympiques de Los Angeles se profilèrent, Aouita avait 25 ans et était déjà nanti du titre mondial, obtenu l’année précédente à Helsinki.

Il faisait partie des favoris et à ce titre, son temps en demi-finale, de dix bonnes secondes plus rapide que le vainqueur de la première demi-finale, sonna comme un avertissement à ses adversaires.

Il était réputé pour son sprint final mais une série de records du monde battus dans les années suivantes allait montrer qu’il pouvait s’accommoder d’un train atrocement rapide, tout en plaçant un ultime démarrage décisif le cas échéant.

En finale, sur la piste du Coliseum, Aouita fit la course tactique parfaite. En tête du peloton, le Portugais Antonio Leitao et le Suisse Markus Ryffel se relayèrent pour assurer le train.

Durant la majeure partie de la course, Aouita resta blotti dans la foulée de Leitao et lorsque la cloche retentit, le Marocain semblait fort. À 300 m de l’arrivée, il se détacha légèrement et seul Ryffel réussit à le suivre.

Lorsqu’Aouita vit que le Suisse répondait du tac au tac, il accéléra l’allure et porta rapidement son avance à cinq mètres. À 80 m de l’arrivée, il osa même envoyer ses baisers au public, sachant l’or acquis.

Il s’imposa en améliorant le record olympique. De nombreux coureurs du Maghreb ont d’ailleurs désigné ce moment comme la source d’inspiration de leur propre brillante carrière.

Il gagna encore le titre aux Championnats du monde de 1987 avant de descendre sur 800 m pour les Jeux Olympiques de Séoul, où il ne termina que troisième derrière le Kenyan Paul Ereng.

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