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INTERVIEW DU DOCTEUR PATRICK SCHAMASCH

Olympic.org interview le directeur médical du CIO.

Olympic.org : Un athlète testé positif à une substance interdite peut-il échapper aux sanctions ?

Patrick Schamasch : La réponse doit être "non". Nous sommes liés par la règle de la responsabilité objective du Code mondial antidopage. Néanmoins, après un test positif, on peut chercher à savoir où et quand la substance a pénétré dans l'organisme et, selon les réponses, pondérer les sanctions. Mais la disqualification ne saurait en aucun cas être remise en cause.

Olympic.org : En quoi le dispositif antidopage en vigueur à Turin sera-t-il différent de celui de Salt Lake City ?

P.S. : Nous allons augmenter le nombre des contrôles de 72% par rapport à Salt Lake City. Cela signifie que, pendant la période des Jeux, il y aura environ 362 tests avant les compétitions et 838 après les compétitions. La plupart des procédures seront identiques à celles qui étaient en vigueur à Athènes. La nouveauté résidera dans la gestion des résultats d'analyse anormaux. Le président du CIO constituera une commission disciplinaire qui conduira les auditions. Selon le cas, la décision sera prise soit par la commission disciplinaire, soit par la commission exécutive du CIO, laquelle aura reçu au préalable une recommandation de la commission disciplinaire.

Comme ce fut le cas à Athènes, les athlètes pourront être sanctionnés non seulement s'ils sont contrôlés positifs à une substance interdite, mais aussi s'ils commettent une infraction aux règles antidopage comme le défaut de présentation à un contrôle de dopage ou le refus de se soumettre à un prélèvement d'échantillon.

Le détail des procédures de contrôle est disponible sur le site Internet du CIO, www.olympic.org.

Olympic.org : Quand débute la période de contrôle et les tests seront-ils limités au territoire italien ?

P.S. : La période de contrôle s'étend du 31 janvier, soit à l'ouverture des villages olympiques, au 26 février, jour de la cérémonie de clôture. Durant cette période, des tests seront effectués dans le monde entier sur des athlètes susceptibles de participer aux Jeux. Si l'athlète se trouve sur un site olympique, le contrôle sera effectué par le comité d'organisation (TOROC), en vertu des règles du CIO. Si l'athlète est en dehors d'un site olympique - en Italie ou ailleurs - il sera alors testé, selon les mêmes règles, par l'Agence Mondiale Antidopage (AMA), à laquelle le CIO aura, par une lettre, délégué son autorité, tout en conservant la gestion des résultats.

Olympic.org : Des rapports ont indiqué que les hormones de croissance humaines feraient l'objet de contrôles à Turin. Confirmez-vous ce point ?

P.S. : Oui, les hormones de croissance humaines (hGH) feront l'objet de contrôles. Des prélèvements sanguins seront effectués pour détecter ces hormones, les transfusions sanguines et les transporteurs d'oxygène à base d'hémoglobine (HBOC).

Olympic.org : Combien de temps après les Jeux les échantillons prélevés seront-ils conservés pour permettre d'éventuelles contre-expertises ?

P.S. : La commission exécutive du CIO a décidé que les échantillons seraient conservés pendant huit ans.

Olympic.org : Quelles sont exactement les relations entre le CIO et l'AMA avant et pendant les Jeux ?

P.S. : Nos relations avec l'AMA sont excellentes. Bien sûr, le rôle du CIO se limite à la période des Jeux. Mais nous avons une équipe qui veillera à l'harmonisation des contrôles effectués avant et pendant cette période, pour éviter de coûteux doublons et s'assurer que les objectifs des contrôles de dopage sont atteints. Parallèlement à la conduite de tests avant les Jeux, l'AMA enverra des observateurs indépendants à Turin.

Olympic.org : Quels sont les droits d'un athlète contrôlé positif lors des Jeux à Turin ?

P.S. : Le premier droit est la possibilité de faire analyser un échantillon B. Le second est le droit à une audience équitable. L'athlète doit expliquer devant une commission disciplinaire pourquoi la substance a été trouvée dans son organisme. Il doit également être informé avant que tout résultat ne soit rendu public. Il est par ailleurs autorisé à voir un maximum de trois personnes - avocat, médecin ou toute autre personne de son choix. Les droits de la défense seront toujours respectés. Toute la procédure devrait être achevée en 24 heures durant les Jeux.

Olympic.org : Comment réagissez-vous lorsqu'un athlète est testé positif ? Cela vous attriste-t-il - ou êtes-vous satisfait qu'un tricheur ait été éliminé de la compétition ?

P.S. : Sur le plan humain, cela est toujours triste. Nous ne sommes jamais heureux de voir quelqu'un se détruire. Plus positivement, cela prouve que nous travaillons efficacement et que l'argent investi dans la lutte contre le dopage a été bien dépensé.

Olympic.org : Le CIO est-il en passe de remporter la guerre contre les tricheurs ?

P.S. : Nous avons remporté, et remporterons encore, bien des batailles. En déduire que nous gagnerons la guerre est plus difficile, parce que se doper, c'est tricher, et tricher semble être dans la nature humaine. La lutte contre le dopage fait partie des priorités du CIO. Nos progrès s'accélèrent - et l'avantage des tricheurs se réduit. En 1967, lorsque la lutte contre le dopage a débuté, nous ne pouvions détecter que 5% des substances. Désormais, nous en identifions 99%. C'est la principale de nos victoires.

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