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INTERVIEW DU DOCTEUR PATRICK SCHAMASCH

La Revue Olympique interview le directeur médical du CIO.

REVUE OLYMPIQUE : Peut-on trouver la moindre excuse à un athlète testé positif à une substance interdite ?

Patrick Schamasch : La réponse doit être " non ". Nous agissons dans le respect des strictes obligations du Code mondial antidopage. Néanmoins, après un test positif on peut chercher à savoir où et quand la substance a pénétré dans le corps et, selon les réponses, pondérer les sanctions. Mais la disqualification ne saurait en aucun cas être remise en cause.

R.O. : En quoi le dispositif antidopage d'Athènes 2004 se distinguera-t-il de celui de Sydney 2000 ?
P.S. : Nous allons aussi augmenter le nombre de tests d'environ 25 % par rapport à Sydney. Cela signifie que, durant les Jeux, il y aura environ 380 tests avant les compétitions et 2 385 après les compétitions. La plupart des procédures resteront identiques, mais pour conserver une longueur d'avance sur les tricheurs, nous n'informerons pas les athlètes des changements apportés. Une nouveauté: la gestion des résultats. La commission exécutive du CIO va constituer une commission de discipline, qui conduira les auditions et lui adressera des recommandations, lui permettant ainsi de prendre une décision définitive. Le détail des procédures est disponible sur le site Internet du CIO, www.olympic.org/medical.

R.O. : Quand débute la période des Jeux, et les tests seront-ils limités au territoire grec ?
P.S. : La période des Jeux s'étend du 30 juillet, soit à l'ouverture du village olympique, au 29 août, jour de la cérémonie de clôture. Durant ce mois, des tests seront effectués dans le monde entier sur des athlètes susceptibles de participer aux Jeux. Si l'athlète se trouve sur un site olympique, le test sera conduit par l'ATHOC, en vertu des règles du CIO. Si l'athlète est en dehors d'un site olympique - en Grèce ou ailleurs - il ou elle sera alors testé(e), selon les mêmes règles, par l'Agence Mondiale Antidopage (AMA), à laquelle le CIO aura, par une lettre, déléguéson autorité, tout en conservant la gestion des résultats.

R.O. : Des rapports ont indiquéque les hormones de croissance humaines feraient l'objet de tests à Athènes. Confirmez-vous ?
P.S. : Le CIO et l'AMA mettent tout en oeuvre pour qu'un procédé de détection des hormones de croissance humaines soit prêt avant Athènes. À l'heure actuelle, nous ignorons si cela est possible - et, même si ça l'est, nous ne l'annoncerons pas à l'avance.

R.O. : Combien de temps après les Jeux les échantillons prélevés seront-ils conservés pour permettre d'éventuelles contre-expertises ?
P.S. : En février, la commission exécutive du CIO a fixé la période minimale de conservation des substances prélevées à trois mois, au lieu de deux semaines. Après ce délai, nous déciderons ce que nous faisons.

R.O. : Quelle est exactement la relation entre le CIO et l'AMA avant et pendant les Jeux ?
P.S. : Nos relations avec l'AMA sont excellentes. Bien sûr, le rôle du CIO se limite aux Jeux. Mais nous avons une équipe qui veillera à l'harmonisation des tests effectués avant et pendant cette période, pour éviter de coûteux doublons et pour s'assurer que les objectifs des contrôles de dopage sont atteints. Parallèlement à la conduite de tests avant les Jeux, l'AMA enverra des observateurs indépendants à Athènes.

R.O. : Quels sont les droits d'un athlète dont le test est positif lors des Jeux à Athènes ?
P.S. : Le premier droit est la possibilité de faire analyser un échantillon B. Le second est le droit à une audience équitable. L'athlète doit expliquer devant une commission de discipline pourquoi la substance a été trouvée dans son organisme. Il doit être informé avant que tout résultat ne soit rendu public. Il a le droit de voir un avocat, un médecin ou toute autre personne de son choix, au maximum trois personnes. Les droits de la défense seront toujours respectés. Toute la procédure devrait être achevée en 24 heures, durant les Jeux.

R.O. : Comment réagissez-vous lorsqu'un athlète est testé positif ? Cela vous attriste-t-il - ou êtes-vous satisfait qu'un tricheur ait été éliminé ?
P.S. : Humainement, c'est toujours une mauvaise nouvelle. C'est un échec du point de vue éducatif. Nous ne sommes jamais heureux de voir quelqu'un détruit. Plus positivement, cela prouve que nous travaillons efficacement et que l'argent investi dans la lutte contre le dopage a été bien dépensé.

R.O. : Le CIO est-il en passe de remporter la guerre contre les tricheurs ?
P.S. : Nous avons remporté, et remporterons encore, bien des batailles. En déduire que nous gagnerons la guerre est plus difficile, parce que se doper, c'est tricher, et tricher semble être dans la nature humaine. Mais nos progrès s'accélèrent - et l'avantage des tricheurs se réduit. En 1967, lorsque la lutte contre le dopage a débuté, nous ne pouvions détecter que 5 % des substances. Désormais, nous en identifions 95 %. C'est la principale de nos victoires.

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