
©CIO
Charles de Coubertin (1822-1908) n’est autre que le père du baron Pierre de Coubertin (1863-1937), l’artisan de la renaissance des Jeux Olympiques à l’ère moderne. A l’origine, Charles de Coubertin est un peintre qui s’intéresse particulièrement aux scènes orientalisantes (il a d’ailleurs effectué un voyage au Moyen-Orient entre 1848 et 1849) et aux sujets religieux. Il réalise également des peintures de paysages – avec un intérêt marqué pour la Normandie – et des portraits de famille. C’est sur le tard que son fils Pierre le persuade de s’intéresser aux scènes sportives et aux représentations de l’Olympisme. Ainsi, c’est à cette phase créative que vient se greffer "l’Allégorie au sport".
La date de création de cette œuvre – 1896 – coïncide avec une date charnière pour l’histoire olympique. En effet, c’est du 6 au 15 avril 1896 que se déroulent à Athènes la première édition des Jeux Olympiques de l’ère moderne. En outre, c’est à ce moment là que le Comité International Olympique est officiellement créé.
Le sujet de ce tableau reflète d’ailleurs ce passage entre les Jeux Olympiques de l’Antiquité et ceux de l’ère moderne. On peut y distinguer une représentation de la déesse Athéna trônant devant les ruines de l’Erechthéion (temple dédié à Erichthonios, le fondateur d’Athènes) et couronnant de laurier un athlète victorieux sous le regard d’Apollon. Dans l’assistance, il est possible d’observer plusieurs types de personnages : des citoyens de l’antique cité d’Athènes mais aussi des athlètes vêtus de façon moderne et représentant des disciplines en vogue à la fin du 19ème siècle (escrime, polo, cyclisme…)
Cette œuvre, permettant de faire le lien entre deux périodes majeures de l’Olympisme, a été grandement appréciée par Pierre de Coubertin et employée en tant que page de couverture de la Revue Officielle du CIO de 1901 à 1914.