La Coréenne Kim Yu-na est entrée dans l’histoire le 14e jour, avec un nouveau record mondial en patinage artistique féminin, grâce à son style exquis qui restera longtemps gravé dans les mémoires.
«Je ne sais pas pourquoi j’ai pleuré. C’est la première fois», a avoué Kim Yu-Na, la nouvelle championne olympique de patinage artistique en sortant de la patinoire. Mais tous ceux qui étaient au Pacific Coliseum ont compris pourquoi, après avoir assisté à l’une des plus splendides et des plus stimulantes performances de l’histoire des Jeux Olympiques d’hiver.
Dansant sur le concerto en fa de Gershwin, la Coréenne de 19 ans a offert un fabuleux spectacle d’élégance et d’athlétisme. Elle a débuté par une combinaison de lutz-triple pointe, suivie par un parfait triple flip et un double axel-double pointe-double boucle. Et ses sauts aussi hauts qu’époustouflants furent servis par une grâce à couper le souffle, une précision et un sens artistique de l’exécution.
Cela lui valut un colossal 150.06 points en programme libre et un record du monde avec un total de 228.56. Son talent si exceptionnel laissa la médaille d’argent à la Japonaise, Mao Asada, à plus de 23 points derrière, malgré deux triples axels.
«Elle n’a pas manqué un pas», a dit d’elle son entraîneur canadien Brian Orser, lui-même ancien médaillé olympique. «Elle a patiné avec le cœur. Pour elle, je voulais juste l’exception olympique; que ce soit réellement olympique, ni prudent ni retenu, tout donner, embrasser l’espace et les Jeux Olympiques.»
Le bronze est allé à la Canadienne Joannie Rochette, qui outre une courageuse exécution
au programme court, eut la force d’offrir une performance remarquable, quatre jours seulement après la mort de sa mère. Ceci lui valut une ovation de la foule avant et après son patinage. En terminant, la Québécoise de 24 ans a joint les mains et a soufflé un baiser vers le ciel. «Je me sens fière et le résultat importe peu. C’est le projet d’une vie pour moi et pour ma mère et nous y sommes parvenues, a-t-elle dit, avant d’ajouter: elle était toujours si fière de moi. C’était ma plus grande fan, ma meilleure amie. Elle m’a accompagnée à chaque étape de ma vie.»
On comprend que lors d’une nuit aussi chargée d’émotions, Kim, l’impassible, ait été émue aux larmes. «Trois fois», a-t-elle répondu, lorsqu’on lui a demandé combien de fois elle avait pleuré depuis qu’elle avait gagné l’or. «Après ma performance et ensuite sur le podium, [Joannie Rochette] a éclaté en sanglots et je me suis mise à pleurer avec elle.»