Peu d’athlètes arrivèrent dans le maelstrom des Jeux de 2008 au stade olympique baptisé "Nid d’oiseau" à ce point qualifiée de grande favorite que l’élégante sauteuse en hauteur croate Blanka Vlasic.
En plus d’un an, Blanka Vlasic n’avait rencontré aucun obstacle, et à 25 ans, elle avait dominé la saison de compétition. Elle avait remporté le titre mondial à Osaka l’année précédant Beijing et avait été sacrée Athlète européenne de l’année, manquant seulement de peu une part de la tombola de la Ligue d’or pour une saison sans défaite.
À Beijing, l’épreuve se déroula selon le scénario prévu dans les éliminatoires. Blanka Vlasic réserva facilement sa place en finale. Il semblait qu’aucune concurrente ne pouvait vraiment menacer sa conquête de l’or. Et d’autant moins une athlète dont le saut en hauteur n’avait jamais été la discipline principale.
La Belge Tia Hellebaut avait débuté dans l’heptathlon, discipline à huit épreuves, non sans quelque succès puisqu’elle s’était qualifiée aux Championnats du monde de 2001 à Edmonton (Canada), se classant 14e en finale.
Sa progression vers des hauteurs stratosphériques s’avéra lente et difficultueuse, mais il devint évident qu’elle possédait un talent particulier pour le saut en hauteur. Elle se lança donc dans cette discipline à plein temps et avec concentration.
Blanka Vlasic eut un avant-goût de ce que Tia Hellebaut pouvait accomplir sur les plus grandes scènes sportives lorsque la Belge remporta les Championnats d’Europe en 2006 à Göteborg (Suède) rejetant la Croate hors du périmètre des médaillés.
En 2008, Tia Hellebaut décrocha le titre du pentathlon aux Championnats du monde d’
athlétisme en salle à Valence (Espagne), dans ce qui fut probablement sa meilleure performance multi-épreuves. Mais c’est à Beijing qu’elle réalisa l’exploit qui devait lui valoir une place dans l’histoire du sport.
Tandis que la barre atteignait les 2,05 m, ne restaient plus en lice que trois concurrentes : Tia Hellebaut, Blanka Vlasic et la Russe Anna Chicherova. Première à tenter la hauteur, Tia Hellebaut la passa immédiatement. Ceci devait s’avérer crucial puisque Blanka Vlasic n’y parvint qu’au deuxième essai et Chicherova la manqua complètement. Selon les règles de décompte de la discipline, même si Tia Hellebaut avait rencontré davantage de manqués durant l’épreuve, le fait qu’elle avait passé la dernière hauteur sans hésitation signifiait qu’elle était en position de décrocher la médaille d’or.
Tia Hellebaut tenta les 2,07 m sans résultat avant de regarder Blanka Vlasic avec anxiété s’efforcer, elle aussi, en vain de passer la hauteur. Et c’est ainsi que la
Belgique obtint la première championne olympique d’athlétisme de son histoire.