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LONDRES 2012

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Malick Fall – amener un nageur sénégalais à Londres

Malick Fall - Taking Senegalese swimming to London 2012
©Bongarts/Getty Images

14/06/2012

Le nageur sénégalais espère que sa bourse de La Solidarité Olympique l’aidera à faire de belles éclaboussures l’an prochain à Londres!


Comment vous aide le programme de la Solidarité?
Le programme de la Solidarité Olympique m’aide énormément. L’an dernier par exemple, j’avais des difficultés financières et j’ai dû travailler pour payer mes factures et continuer à m’entraîner. Je ne pouvais me rendre aux Championnats d’Afrique, mais la Solidarité Olympique m’a aidé à payer mon voyage et à participer aux compétitions et aux épreuves auxquelles je n’aurais pu me rendre autrement.

Ainsi cela vous a effectivement permis de poursuivre votre rêve?
J’ai toujours rêvé de réussir en sport, au nom du Sénégal. Les nageurs africains ne sont pas très nombreux mais j’ai persisté en me disant que je parviendrai à percer. La Solidarité Olympique m’a permis de poursuivre mon rêve.

Parlez-nous de la natation au Sénégal!
Ce n’est pas le sport national, c’est sûr! Mais nous faisons de réels progrès. Depuis que je concours en haut niveau, l’un de mes objectifs est de développer la natation en Afrique – pas seulement au Sénégal – pour mobiliser les jeunes afin qu’ils se mettent à ce sport et comprennent tout ce qu’il représente.

Est-il difficile d’être jeune et un nageur ambitieux en Afrique?
Nombre de pays d’Afrique n’ont ni piscines ni équipements adéquats. La natation est aussi un sport difficile. Il faut donc être passionné pour réussir. Cela ne fera certainement pas de vous un millionnaire et la plupart des athlètes doivent gagner leur vie. Ce n’est pas pour l’argent, mais parce que nous sommes passionnés que nous avons choisi ce sport. 

Pensez-vous que votre succès a favorisé le changement d’attitudes?
J’ai été deux fois champion d’Afrique et médaillé à plusieurs reprises, ce que notre sport national, le football, n’est jamais parvenu à réaliser. Cela montre que la natation commence à progresser, que quelques jeunes nageurs se pressent désormais et affichent d’excellents résultats. C’est une promesse pour l’avenir.

Vous avez participé aux Jeux de 2000 à Sydney. Comment est-ce arrivé?
Pour Sydney, j’ai bénéficié d’une invitation. Depuis lors, mon objectif a été de me qualifier par moi-même aux Jeux Olympiques. Ce fut ma première manifestation internationale et cela m’a fait énormément de bien car j’y ai rencontré de grands champions et j’ai mieux perçu la culture de la natation. Je suis venu à ce sport relativement tard, j’avais 13 ans. Et lorsque je me suis retrouvé à Sydney deux ans plus tard, j’ai vu les temps que les autres nageurs réalisaient et j’ai pris conscience de tout ce qui me restait à accomplir.

Vous êtes probablement le meilleur nageur africain. Avez-vous fait des progrès notables?
À Beijing, j’ai nagé en 1’02, donc je ne cesse de m’améliorer. Ce qui m’a littéralement conduit au niveau international. Les meilleurs nageurs du monde réalisent le 100 m brasse en une minute. L’an dernier j’ai nagé en 1’01, mon meilleur temps sans vraiment avoir de bases solides à mon actif. C’est pourquoi j’espère qu’à Londres je pourrai continuer et obtenir encore un meilleur résultat.

Comment restez-vous motivé?
J’ai toujours adoré nager. J’ai tout abandonné au Sénégal pour poursuivre mon rêve. C’est un truc très personnel, je sais que j’ai quelque chose à offrir au sport et que j’en suis capable. Le jour où
je ferai quelque chose aux Jeux Olympiques, je suis certain que l’Afrique s’arrêtera et s’en rendra compte. Cela incitera un grand nombre de jeunes Africains à se mobiliser et les amènera à pratiquer la natation.

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