En dépit de leurs talents en gymnastique artistique, les Chinoises n’étaient jamais parvenues à égaler leurs homologues masculins et à remporter une médaille olympique d’or, jusqu’à Beijing où finalement un labeur persévérant se révéla payant.
Les médailles de bronze à Sydney et Los Angeles avaient été de piètres récompenses pour les récents efforts, compte tenu de l’investissement et de l’engagement des équipes chinoises de haut niveau. Néanmoins, grâce à une nouvelle génération de gymnastes et l’appui sans faille du public national, leur tour était venu.
Comme de coutume, les équipes roumaine et américaine constituaient la plus grande menace à une victoire chinoise. La Roumanie avait gagné les deux précédentes médailles d’or olympiques par équipe, mais en 2006, un premier titre de championne du monde permit à la Chine de croire qu’elle pouvait prétendre à la récompense la plus élevée.
Les Chinoises prirent un beau départ au saut de cheval, de peu derrière les États-Unis après la première épreuve dans laquelle Cheng Fei et l’Américaine Shawn Johnson marquèrent 16 000 points.
Néanmoins deux fabuleuses performances aux barres asymétriques et une série de blessures déstabilisante chez les Américaines donnèrent aux Chinoises l’élan qui devait les propulser vers l’or. En premier lieu, aux barres asymétriques, Yang Yilin réalisa une stupéfiante performance de 16 800 points et seule sa coéquipière He Kexin la dépassa avec 16 850 points.
La foule dans le stade couvert national de Beijing perçut l’inversion de tendance et les gymnastes semblèrent se régénérer dans la frénésie du vacarme.
À la poutre, les deux équipes subirent des déceptions avec les chutes de Cheng et d’Alicia Sacramane, capitaine de l’équipe américaine. La Chine, cependant, se maintint en tête après la troisième discipline grâce aux remarquables accomplissements de Deng Linlin et de Li Shanshan.
Les blessures affectant les Américaines se firent particulièrement sentir à ce moment-là. Elles n’avaient plus que quatre athlètes en forme au moment où commencèrent les enchaînements au sol.
Une nouvelle erreur de Sacramane au sol laissa le champ libre aux Chinoises qui, l’épreuve accomplie, se précipitèrent sur leur première médaille d’or sous les acclamations assourdissantes de la foule.
Cette victoire, qui résultait d’une solide performance d’équipe, avait pu compter sur la participation active de chacune des six gymnastes. Elle fut renforcée par le 1-2 de Nastia Liukin et de Johnson aux épreuves individuelles, à peine deux jours plus tard.
