Accueil > Médias CIO > Sur un pied d’égalité: La Solidarité Olympique

Actualités

Précédent| Retour à la liste| Suivant
27 juin 2011 - Actualité

Sur un pied d’égalité: La Solidarité Olympique

738 vues
1 2 3 4 5 Current Rating: 4
Afghanistan's Rohullah (left) won his country's first Olympic Medal at the 2008 Games in Beijing ©IOC/Getty

Adam Szreter présente la Solidarité Olympique et la manière dont elle permet aux athlètes du monde entier de concourir sur un pied d’égalité.

L’un des avantages persistants et remarquables des Jeux Olympiques est qu’ils donnent leur chance aux athlètes des pays les plus pauvres du monde, non seulement de participer, mais aussi de gagner contre des concurrents plus favorisés. Les esprits romantiques voudraient que l’on doive cet ardu passage de la pauvreté à la victoire à leur seul talent et à leur absolue détermination. Ce n’est là, le plus souvent que la partie visible de la belle histoire. Ce que les étrangers au Mouvement olympique ignorent en effet, c’est l’aide financière que reçoivent ces athlètes par le biais des programmes de la Solidarité Olympique.

La Solidarité Olympique, aujourd’hui dans sa 40e année, est issue du Comité d’Aide Internationale Olympique, créé en 1962 pour soutenir les pays nouvellement indépendants, notamment en Asie et en Afrique. D’abord sans ressources financières propres, le Comité n’offrait rien d’autre qu’un soutien moral à ces nouveaux CNO. Aujourd’hui, la Solidarité Olympique est à la tête d’un budget total d’USD 311 millions pour le plan quadriennal de 2009 à 2012. Cela correspond à la part des revenus des droits de télévision pour la retransmission des Jeux attribuée aux CNO. Ces fonds leur sont redistribués sous la forme de programmes. Ceux-ci sont élaborés au sein de la commission de la Solidarité Olympique que préside Mario Vázquez Raña 

Les programmes

Le budget actuel est divisé en trois postes principaux: les Programmes mondiaux qui se concentrent sur les athlètes, les entraîneurs, l’administration des CNO et la promotion des valeurs olympiques (43 % du budget, soit USD 134 millions); les Programmes continentaux, répartis selon les priorités locales, qui distribuent les fonds directement à chaque association continentale (39 % du budget, soit USD 122 millions); et enfin, les Subventions pour les Jeux Olympiques, qui prennent en charge les dépenses pratiques avant et durant les Jeux et récompensent les CNO de leurs contributions au succès des Jeux (14 %, soit USD 42 millions). Les 4 % restants sont affectés aux frais d’administration et de communication inhérents à ces programmes.  

Petra Majdic a décroché une médaille à Vancouver - Copyright: CIO/Getty


Près de la moitié du budget des Programmes mondiaux est affectée à des projets qui offrent une aide directe aux athlètes cherchant à se qualifier aux Jeux. Elle comprend des bourses olympiques, des bourses de soutien aux équipes (une aide financière affectée à une équipe nationale par CNO), la préparation des athlètes aux Jeux régionaux et continentaux et aux Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ). Le programme conçu pour les JOJ affecte USD 10 millions à la sélection, qualification et préparation d’un petit nombre de jeunes athlètes. Il a joué un grand rôle dans le succès des premiers JOJ d’été, l’an dernier à Singapour et cette action se poursuit en prévision des 1ers JOJ d’hiver à Innsbruck en 2012

«Sélectionner-Qualifier-Préparer»

Le Kirghizstan est un bon exemple du fonctionnement du programme «Sélectionner-Qualifier-Préparer» des JOJ. Ce pays d’Asie centrale détient trois médailles olympiques. En mai 2010, son CNO a organisé une «Spartakiade» afin de désigner les jeunes espoirs. Les athlètes en boxe, lutte, judo et athlétisme retenus ont ensuite été envoyés à des tournois de qualification où quatre d’entre eux se sont qualifiés aux JOJ. Ils s’étaient préparés dans un camp d’entraînement national. Trois d’entre eux ont décroché des médailles, dont le lutteur Urmatbek Amatov, qui a gagné l’or. 

Errol Kerr était le seul représentant de la Jamaïque - Copyright: CIO/Getty


Mais le projet le plus prisé des Programmes mondiaux est certainement celui des bourses olympiques. Créées en 1992, elles offrent une aide substantielle aux athlètes d’élite de niveau international, désignés par leur CNO, et se focalisent sur ceux dont les moyens financiers sont limités. Elles offrent un accès à des installations sportives d’excellente qualité, à des entraîneurs à domicile et à l’étranger, à une assistance médicale, à la prise en charge des frais de pension et de logement ainsi qu’à un montant fixe destiné à la participation aux compétitions de qualification olympique. À l’approche des Jeux de 2008, 1088 bourses ont été distribuées avec pour résultat 591 qualifications aux Jeux de Beijing, originaires de 151 CNO, soit 202 femmes et 389 hommes.

81 médailles à Beijing

Au total, 81 médailles ont été gagnées à Beijing par des boursiers, contre 57 à Athènes quatre ans plus tôt. Parmi elles, celle d’Abhinav Bindra (tir à 10 m à la carabine à air comprimé), qui fut le premier Indien à remporter une médaille d’or en individuel et à qui la bourse a permis de s’entraîner deux ans durant à Colorado Springs, au Centre d’entraînement national des États-Unis. La toute première médaille olympique de l’histoire afghane a aussi été gagnée à ces Jeux par un boursier, le jeune Rohullah Nikpai, qui a décroché le bronze de la catégorie des 58 kg en taekwondo. Avant Beijing, la Solidarité Olympique a pris en charge les athlètes afghans de taekwondo et les a placés dans divers camps d’entraînement de par le monde.

 

Le programme de bourses pour Vancouver 2010 a été le premier aussi abouti. Bien que semblable par son contenu à celui de l’été, son principal but était d’améliorer le niveau de compétition des Jeux d’hiver et non d’étendre artificiellement leur universalité, compte tenu des conditions spécifiques qu’exige la pratique de la plupart des sports d’hiver. Ceci explique aussi qu’il n’est été accessible qu’aux CNO possédant une solide tradition en matière de sports d’hiver. Néanmoins, des bourses ont aussi été proposées à des athlètes susceptibles d’être médaillés et à ceux essayant simplement de représenter leur pays. Au total, ce programme a bénéficié à 60 CNO et 12 d’entre eux ont envoyé une délégation à Vancouver entièrement composée de boursiers olympiques. Sur 325 boursiers, 227 se sont qualifiés, et 89 femmes sur 132.

"Se préparer aux Jeux de bien meilleure façon"

Il y eut 13 médaillés parmi les boursiers olympiques à Vancouver, dont les frères Andris et Juris Sics qui ont remporté l’argent en luge à deux pour la Lettonie. Un an plus tôt, Juris déclarait à la Revue Olympique: «La bourse olympique nous permet de nous préparer aux Jeux de bien meilleure façon. C’est essentiel». Ce à quoi Andris ajoutait: «Grâce à elle, nous nous sentons un peu plus chez nous, même quand nous sommes loin de la maison». Après leur succès à Vancouver, Andris s’est exclamé: «C’est parfait! On souhaite toujours être le premier, mais une deuxième place pour la petite Lettonie, c’est merveilleux. Nous nous sommes beaucoup entraînés et faisons partie des trois premiers.»

Parmi les autres médaillés à Vancouver, le Croate Jakov Fak a décroché la première médaille de son pays en biathlon; idem pour Petra Majdic, la slovène médaillée en ski de fond. Quant à l’athlète bélarusse en biathlon, Darya Domracheva, elle est devenue la deuxième femme à remporter une médaille olympique ‰ pour son pays depuis 1994. Sans moindre mérite, Errol Kerr, unique représentant jamaïcain et premier skieur olympique de l’histoire de l’île, fut porte-drapeau de sa délégation à la cérémonie d’ouverture et termina neuvième en ski cross, manquant de peu le diplôme. 

Le Croate Jakov a remporté la première médaille de son pays en biathlon à Vancouver - Copyright CIO/Getty

Dorénavant, l’attention du Mouvement olympique se porte sur les Jeux de 2012 à Londres dont les programmes de bourses sont déjà lancés. Le montant général s’élève à USD 19 millions, en augmentation par rapport aux USD 16 millions pour Beijing.

Des formations pour les entraineurs

Parmi les 19 Programmes mondiaux administrés par le bureau international de la Solidarité Olympique à Lausanne, on compte celui des bourses olympiques qui offrent la possibilité aux entraîneurs de bénéficier d’une formation de haut niveau. De plus, un budget d’USD 26 millions est affecté au développement de l’administration des CNO. Il s’agit de contribuer au fonctionnement général des CNO et ainsi d’améliorer certains aspects précis de leur gestion, notamment financière. Parmi les autres programmes, on compte les cours nationaux pour dirigeants sportifs et les formations internationales en management du sport. Et dans le cadre de la promotion des valeurs olympiques, on trouve des programmes liés à la médecine du sport, la femme et le sport ou le sport et l’environnement.

Les programmes continentaux sont gérés par le bureau de la Solidarité olympique au sein de chaque association continentale Olympique. Ceci leur permet de prendre en charge des questions spécifiques au développement sportif sur leur continent. 

Les frères Sics ont décroché une médaille à Vancouver. Copyright CIO/Getty

La majeure partie de chaque budget continental est affectée à un soutien financier direct aux CNO pour la mise en œuvre de leurs activités et programmes propres qui correspondent aux objectifs qu’ils se sont fixés. C’est ainsi qu’en Asie, le Conseil olympique d’Asie (OCA) organise une course de loisirs des Jeux asiatiques conçue pour diffuser le message des Jeux dans toute l’Asie. Le programme d’éducation sportive d’Océanie (OSEP), une initiative conjointe des Comités Nationaux Olympiques d’Océanie et de divers partenaires, s’efforcent de mettre en place une méthode d’éducation sportive dans le secteur de l’entraînement et de l’administration. Pour sa part, l’Organisation panaméricaine des sports (ODEPA) met à disposition dans toute l’Amérique des centres internationaux d’entraînement de haut niveau, avec une meilleure supervision et des installations de pointe. En Europe, de jeunes athlètes peuvent prendre part à un Festival olympique de la jeunesse européenne (FSJE) grâce aux Comités Olympiques Européens (COE) et en Afrique un nombre croissant de CNO bénéficient désormais du projet OlympAfrica, en partie financé par le budget continental de l’Association des Comités Nationaux Olympiques d’Afrique (ACNOA).

"Un soutien essentiel à la grande majorité des CNO"

«Jamais auparavant la Solidarité Olympique n’a alloué autant de ressources ni mis en œuvre autant d’activités pour soutenir les CNO et en faire bénéficier les athlètes, indique Mario Vázquez Raña. Nous sommes conscients que la Solidarité Olympique représente désormais un soutien essentiel à la grande majorité des CNO et, à plus d’un titre, la garantie de leur autonomie et de leur indépendance.»

Comme le stipule la Charte olympique: «La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte.» Et tant qu’elle peut durer, la Solidarité Olympique existe pour assurer que ce droit s’exerce partout.

Découvrez la nouvelle édition de la Revue Olympique!


Précédent| Retour à la liste| Suivant