Initiatives PEVO

Burundi / Projet Education Olympique et Sportive 2005

Résumé
Le projet s’est s’inséré dans le cadre de l’Année internationale du sport et de l’éducation physique 2005.
Chaque activité sportive organisée dans le cadre de cette année a été précédée par une session de formation en éducation olympique destinée aux athlètes, entraîneurs, dirigeants, organisateurs d’évènements sportifs et culturels, étudiants et professeurs.
Des conférences-débats ont été organisés au sein des institutions universitaires du pays. Des émissions spéciales ont été diffusées par la radio-télévision nationale et par une dizaine de radios privées.

Objectifs
• utiliser le sport comme moyen d’éducation, de mobilisation et de communication pour diffuser les idéaux de paix et de développement intégré des  populations à travers le pays
• promouvoir l’esprit de paix, de tolérance, de solidarité et d’entraide mutuelle au sein des populations, particulièrement dans les régions où la paix est encore fragile


Démarche
Organisé dans le cadre de l’année internationale du Sport, de la Culture et de l’Education Physique, le projet Education Olympique 2005  avait comme thème principal « le Sport et l’Education Physique  au Service de la paix ».

Plusieurs sous-thèmes étaient abordés:
• les mythes
• les valeurs et les symboles des Jeux olympiques de l’Antiquité à nos jours
• sport et paix
• sport et éducation
• sport et santé
• sport et développement
• femmes et sport
• sport et environnement

A partir de ces thèmes, le Comité national olympique a développé des objectifs se référant aux observations suivantes :

• les méfaits de la guerre avec leurs conséquences sur la vie des populations et plus particulièrement au sein de la jeunesse burundaise
• La violence, la peur et la haine qui gagnent toujours du terrain, plus particulièrement dans les régions en crise ou sévèrement affectées par la guerre
• La force socialisante du sport comme facteur de communication, de sensibilisation, de mobilisation et d’intégration sociale
Le programme « Projet Education olympique 2005 » met en valeur le rôle du sport dans la société et sa  contribution dans la recherche, la promotion et la consolidation de la paix au Burundi.

Des conférences-débats ont été organisées dans 11 établissements universitaires dans l’ensemble du pays.

Des activités sportives et culturelles et des sessions de formation en éducation olympique ont aussi été organisées pour un public plus large. Des ateliers de groupes complétaient les séances théoriques, permettant le débat et les échanges entre les participants.

Les aptitudes et les valeurs ont été travaillées notamment sur la base du document intitulé « Le Sport au service du Développement et de la Paix » qui analyse la contribution potentielle du sport à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations-Unies.
 
Les supports de communication utilisés pour le programme ont été multiples : banderoles, panneaux, vidéos, affiches, radio. télévision, presse écrite, photos et les compétitions sportives elles-mêmes.

Résultats
A court, moyen ou long terme, les résultats attendus sont les suivants :

• la création de « Clubs olympiques » au sein des écoles et associations de jeunes
• l’intégration du cours d’Éducation olympique dans le système éducatif national
• une large diffusion des valeurs olympiques à travers le pays, en particulier le fair play, la solidarité et la tolérance
• la formation et l’insertion sociale de jeunes de milieux défavorisés
• un rapprochement d’un plus grand nombre de jeunes autour des idéaux de paix, d’entraide, et de pardon
• une confiance mutuelle retrouvée, au lieu de l’esprit de vengeance et de haine qui a endeuillé le pays

Conseils pratiques

Sessions de formation en éducation olympique ;

Extraite du module de  « Cours d’éducation olympique », cette  session comprend 7 chapitres. Chaque chapitre est illustré par des photos, images ou films vidéos  et se termine par des travaux en ateliers qui constituent à notre avis un foyer de réflexions et de méditation sur les différents sujets.

Le responsable du cours doit d’abord comprendre que les participants font partie de la société et que parmi eux on y trouve des hommes et des femmes orphelins de guerre et du sida, des personnes ayant vécu des atrocités et dont certains ont même participé à des tueries, aux viols et à d’autres abus, des personnes traumatisées qui s’abandonnent à l’alcool ou d’anciens réfugiés sans repère et sans assistance .

Le mal burundais est caractérisé par la peur, le silence, la haine, la vengeance et  la destruction ; quatre paliers qu’il faut maîtriser avant d’apporter la solution à la crise burundaise, caractérisée par plus de 15 ans de guerre de civile .

Face à cette situation, l’enseignant, à travers son cours, doit tenter d’apporter des  réponses à un certain nombre de problèmes. Pour réussir, il doit créer un climat de convivialité permettant notamment de :

• chasser la peur au sein du groupe par des échanges ; certains participants reconnaissent dans le groupes des anciens ennemis
•  briser par des échanges le silence qui accumule les haines et instaure un esprit de vengeance permanent
• créer au sein du groupe un esprit de solidarité et d’entraide mutuelle malgré les différences liées à un passé douloureux .


Activités sportives et culturelles

Organisées dans le cadre de la Journée Internationale de la Paix et de l’Education Physique, ces activités doivent être en conformité avec le thème central .

Elles sont encadrés par des animateurs ayant participés à la session en éducation olympique. Elles mettent  en valeur l’esprit de fair play , le respect de l’arbitre et du règlement et sont ouvertes à tous sans discrimination aucune .

La communication interne (banderoles, panneaux) et extérieure (radios, télévision, presse écrite) doivent être focalisées sur ces principes .

Conférences - débats

Organisés dans un cadre universitaire, les conférences et débats sont animés par des spécialistes. Ici on quitte le thème «  recherche et promotion de la Paix » abordé précédemment pour aborder celui du développement humain. Le problème qui se pose est de savoir comment faire de la pratique sportive un support de développement intégré des populations.

Le conférencier doit faire référence aux documents classiques provenant du CIO et qui traitent des sujets associés au sport tels que la Santé, l’Education, l’Environnement, la Communication et l’Economie.

Un autre document qui est exploité par les conférenciers est celui intitulé « le Sport au Service du Développement et de la Paix », tiré du rapport de l’équipe de travail inter-institutions des Nations-Unies sur la contribution du sport à la réalisation des objectifs du Millénaire .

On suggère que la partie débat de la conférence soit orientée vers des propositions concrètes qui tiennent compte de la spécificité de chaque région.

Par exemple, quel est l’apport du sport dans le développement de la Province de Mwaro, région agricole se trouvant à plus de 2000 mètres d’altitude ?  Que doit faire l’Université de Mwaro pour que les jeunes  participent au développement de leur région et quelle doit être la contribution du sport dans la résolution des conflits, la sensibilisation et la mobilisation des populations contre les dangers qui menacent l’être humain et son environnement, le développement intégré des communautés ?

Il faut faire attention lorsque on aborde certaines questions. Un cas qui est fréquemment cité est celui de  l’administrateur qui n’a pas assez de temps pour s’occuper du développement de sa commune. Plus de 90 % de son temps est accaparé par des dossiers liés aux nombreux conflits et à des problèmes tels que le vol, l’assassinat, le viol, la famine, les épidémies ou les catastrophes naturelles (inondations, intempéries).

Dans ce cas,  il est important que certains conflits soient traités et résolus par la population elle-même et plus particulièrement les associations de jeunes, ce qui permettra aux responsables de s’attaquer aux vrais problèmes de développement de la Commune. Le sport peut ainsi jouer un rôle important dans le développement communal.

En conclusion nous pouvons dire que le projet a connu un grand succès auprès de certaines  collectivités et qu’il mérite un suivi .